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PCN le livre

D 5 octobre 2018     H 13:56     A Ollivier Moreels     C 0 messages


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PORTRAITS CHINOIS NUMÉRIQUES (le livre)
09/2017 – 09/2018

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La population de l’agglomération de Saint-Nazaire dépasse les 127 122 habitants, sur un territoire de 318 km², dont 15 600 ha de zones humides, la CARENE regroupe dix communes : Besné, La Chapelle-des-Marais, Donges, Montoir-de-Bretagne, Pornichet, Saint-André-des-Eaux, Saint-Joachim, Saint-Malo-de-Guersac, Saint-Nazaire et Trignac. Toutes ces communes sont équipées de bibliothèques, d’un établissement public, donnant accès aux livres et à différents types de médias, permettant la consultation sur place et l’emprunt à domicile. Le projet culturel de territoire (PCT) est un partenariat entre la CARENE, Saint-Nazaire Agglomération, le Département de Loire-Atlantique et l’État (DRAC des Pays de la Loire). Il vise notamment à développer et faire connaître une offre culturelle de proximité et à accompagner les communes pour renforcer l’éducation artistique et culturelle. Certaines municipalités de l’agglomération font partie du Projet Culturel de Territoire et à ce titre ont pu bénéficier d’un chariot multimédia, équipé de 10 tablettes numériques. Deux chariots se baladant au gré des demandes, permettent aux usagers des médiathèques de profiter d’ateliers de découvertes des outils numériques.

Dans ce cadre, une proposition est faite aux habitants de la CARENE, aux publics des médiathèques, des bibliothèques, tous âges confondus, de créer son autoportrait avec les applications des tablettes numériques. À l’instar des différentes ressources médias que proposent ces lieux accueillants, cette représentation de soi peut prendre différentes formes, du texte à l’image en passant par le son, ou croiser les différents médiums, en imaginer d’autres... La tablette montrant l’œuvre en remplacement du visage, chaque œuvre numérique réalisée est photographiée avec son auteur. Toutes ces productions multimédias ainsi récoltées durant une année, font l’objet en 2018, d’une exposition rétrospective à Saint-Nazaire montrant la totalité de la collection ainsi que des petites expositions disséminées dans les médiathèques du territoire nazairien.

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« Si je créais une œuvre artistique numérique, je serais... ». Pendant un an, j’ai proposé donc aux usagers de ces médiathèques, ainsi qu’à une dizaine d’artistes du territoire, de réaliser leurs autoportraits chinois sur une tablette numérique. Le protocole du dispositif se déroulant ainsi : la personne participante à l’atelier, s’inscrit au préalable, tire au hasard une carte sur laquelle un mot est écrit, 54 cartes pour autant de mots. Elle réalise son autoportrait grâce à l’application photo de l’appareil, puis amorce la création sur l’image en dessinant, en écrivant sur la surface tactile. Par association d’idées, le mot choisi, permet à la personne de diriger sa création, ainsi, plus elle crée, plus elle se cache. Quand l’oeuvre est achevée, ou que la personne décide de s’arrêter, je lui demande de choisir un espace dans la bibliothèque, un lieu qu’elle apprécie. Je la photographie, tire son portrait, sa création devant son visage, remplace celui-ci, elle me montre un autre visage, celui plus intimiste, celui de sa pensée. La tablette se baisse, nous entamons alors une courte discussion, sur ses choix, sa démarche de création. Cette interview retranscrite accompagne l’image dans la forme finale du portrait chinois numérique.

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Pendant la durée de l’atelier, un diaporama tourne en boucle. Ce sont des images choisies, des reproductions d’œuvres d’histoire de l’art, des autoportraits d’artistes. À partir du quinzième siècle, au début de la renaissance, les artistes ont commencé à être identifiés comme des personnages importants en se représentant eux-mêmes comme sujet principal. À cette époque, avec l’avènement du portrait sur panneau, les artistes essayaient de se représenter sous plusieurs formes d’autoportraits. C’est ainsi, par exemple, qu’en 1433, l’artiste Jan Van Eyck se représenta comme un homme avec un turban. Avec l’augmentation de la richesse et l’intérêt de l’individu en tant que sujet, ce genre est devenu vraiment populaire à partir du XVe siècle. En 1434, dans le célèbre portrait d’Arnolfini, l’artiste est probablement l’un des deux personnages présents dans le miroir. L’oeuvre de l’artiste Van Eyck a ainsi inspiré Diego Velázquez, et il s’est représenté comme le peintre de « Ménines » en 1656. Depuis lors, les artistes n’ont cessé de se reproduire… L’invention de la photographie et sa popularisation, ont fait exploser le phénomène. Jusqu’à nos jours où, la numérisation des images permet la diffusion rapide des données avec des smartphones connectés tenus à bout de bras, ou fixés au bout d’une perche. Des égoportraits pris dans un contexte social, en couple ou au sein d’un groupe, festif ou touristique. L’idée motrice du projet, loin de cette manifestation narcissique était la rencontre, la rencontre de l’autre dans sa diversité, sa diversité générationnelle et intellectuelle. C’est pour moi une forme d’expression sociale, un « embrayeur de conversation ». Sur une idée simple, un protocole basique. Chaque personne libre de créer, me montre ce qu’elle veut d’elle-même, et parfois ce qu’elle peut, soit par manque d’expérience, en dessin ou en apprentissage technique de la machine. Certaines personnes en EHPAD, touchaient pour la première fois un écran tactile, voir un ordinateur, leurs approches étaient plus sensorielles et relationnelles. D’autres, les adolescents nous prouvaient qu’ils ne perdaient pas le plaisir de faire ensemble, et ainsi nous démontraient que loin de l’isolement, même s’ils pouvaient admettre une certaine dépendance aux technologies, elles n’en restaient pas moins un moteur social. Le plus important étant de rester aussi connecté aux autres humains.

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