PCN 6

D 14 avril 2018     H 13:51     A Ollivier Moreels     C 0 messages


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-* PCN 6 / EHPAD Elsa Triolet de Saint-Joachim

Guy

Comme actrice, j’ai choisi Brigitte Bardot, elle a beaucoup fait pour le cinéma, beaucoup de films, des fois des films un peu osés. Sur la fin, elle en a eu assez, embêtée par les journalistes, elle s’est tournée vers les animaux. Moi aussi j’adore les animaux, donc une jolie femme qui en plus aime les animaux alors... Et Dieu créa la femme, elle s’est mariée plusieurs fois aussi, enfin c’était son affaire. On a pas à la juger, on a parlé de jugement, le procès, encore un film avec Brigitte Bardot, il ne faut pas juger les autres vous savez.

Bon j’ai plus ou moins bien dit, ça fait du bien de parler. Une discussion dans une journée, c’est bien, surtout ici, c’est restreint un petit peu. C’est pas toujours drôle, enfin on s’y fait par la force des choses. Je m’adapte bien maintenant, les premiers temps c’était dur. J’étais dans ma maison, le 22 juillet 2008 j’ai perdu ma femme. Je suis resté deux ans, seul, chez moi. Mes filles m’ont dit, tu peux pas rester là tout seul. Alors je suis parti, je suis parti ici. Et puis la patronne d’ici m’a dit : « Vous savez, c’est pas une prison ici, vous sortez comme vous voulez... » Je m’en souviendrai toujours.

Josette

Si j’étais un film je serais le Gendarme de Saint-Tropez avec Louis de Funès, il était drôle. Ici je ne regarde pas beaucoup les films, je regarde les matchs de football, après on en parle avec mon jeune frère au téléphone, l’autre soir l’Espagne a battu l’Argentine 5-1. Avant en famille je ne regardais pas trop, et maintenant que je suis seule on peut en parler avec mon frère. Lui il aime beaucoup ça, il aime le rugby aussi, mais moi j’aime pas, le foot c’est moins dur que le rugby.

Jacqueline

Si j’avais une odeur à choisir, ce serait l’odeur des roses, les roses noires. Plus c’est rare, plus je préfère. Avant à Saint-Nazaire j’avais des roses dans mon jardin. On avait une vigne aussi avec du raisin, je faisais du vin (rires).

Marie

Si j’étais un oiseau, je serais un perroquet, qu’il parle ou qu’il chante. J’aime bien les deux, discuter et chanter c’est important, surtout les chansons de ma jeunesse, comme le petit vin blanc, la java des poupées, je les chante des fois ici. Bon un perroquet ça ne chante pas le petit vin blanc, j’aime tout les chants d’oiseaux, sauf la pie, il y a des petits oiseaux qui chantent très bien. Je ne sors pas assez pour les écouter, mes enfants viennent quand même chaque semaine, pourtant ils habitent à Paris, ils ont des enfants aussi à s’occuper.

Monique

J’ai voulu rien faire ! Monique Vince, mon mari est de Saint-Joachim, il y a beaucoup de Vince à Saint-Joachim. Moi, je suis parisienne, de la banlieue, Nanterre, je suis née du côté du Pont de Vezon, et j’ai vécu 45 ans là-bas. Je suis venu ici à la retraite de mon mari. J’ai tiré la carte de l’acteur américain, alors j’ai parlé de Richard Burton et Liz Taylor, mais je les ai jamais vus, seulement au cinéma, c’est tout, sans plus. Je sais que c’était un couple mythique au cinéma, et même dans la vie. Ils se sont fichus sur la figure, ils se sont battus, et il se sont remis ensemble...Voyez, j’ai encore de la mémoire. Mon mari n’aimait pas le cinéma, alors on allait au théâtre, les films je les voyais moi à la télévision. J’avais pas le temps d’aller au cinéma, vous croyez que quand on travaille toute la semaine, on a le temps d’aller au cinéma ? Moi, il fallait que je fasse la cuisine, que je repasse le linge, que je lave la vaisselle et que j’élève mon fils, et en plus je travaillais. J’ai toujours eu ma paye, à moi, mon compte chèque à moi, pour m’acheter des choses avec mes sous. Je trouve ça terrible, quand on doit quémander pour obtenir des choses. C’était ma liberté. Je partais à 7h le matin, je retrais à 6h30, c’est tout ce que je peux vous dire. J’étais comptable et dans le temps je travaillais dans une banque. Quand j’ai accouché, mon mari n’a pas voulu que je retourne à Paris. Je sais pas pourquoi, il n’a jamais voulu. Et j’étais titulaire sur mon poste, on peut le dire, j’ai sacrifié ma carrière professionnelle, on m’a proposé de faire des stages, il n’a jamais voulu que j’aille à Paris, même si je rentrais le soir. Mais lui par contre il rentrait à dix heure le soir...C’était pas pareil.

Mais bon on était un ménage tout à fait calme, pas comme Richard Burton et Liz Taylor, et c’était très bien comme ça, c’est mieux que d’avoir des histoires, que de se bagarrer, je monte très vite, mais je redescends tout aussi vite.

Madeleine

J’ai voulu faire un clown, l’artiste Zavatta. Je ne l’ai pas vu en vrai mais à la télévision. Il faisait ses tournées pour les enfants malades dans les hôpitaux. J’aime bien le cirque et plutôt les clowns (rires) parce que je suis un clown moi aussi, avant je faisais ce que les jeunes peuvent faire, s’amuser, faire n’importe quoi. Faire rire les autres, c’est important. C’est bon pour la santé, pour le moral, pour tout.

Marie-Madeleine

J’ai tiré le mot : mot. Pas un petit, pas un gros, juste le mot, mot ce n’est qu’un seul mot. Arc en ciel, ça en fait trois. J’aime les couleurs, le soleil et les fleurs, je trouve que c’est joyeux. Un arc en ciel se produit quand il y a du soleil et de la pluie en même temps, ce sont toutes les couleurs qui sont dans le ciel, dans la lumière, c’est la joie. J’aimerais bien qu’il ait un trésor au pied, mais il n’y en a pas, on a besoin de joie, de gaieté il en manque dans l’existence, trop de grisaille on a hâte que le printemps arrive. J’ai fait plein de fleurs, faut pas regarder ce qu’il y a au centre, les fleurs c’est pour égayer parce que le personnage…en général j’ai souvent le sourire, mais quand je me vois la dessus, ça me donne un coup, enfin on le sait qu’on est vieux. Mais on a beau le savoir c’est difficile de se le représenter. C’est la première fois cette année, que je me suis vraiment rendu compte que j’étais vieille, sur un film vidéo que mes enfants ont fait avec un smartphone. Quand je me suis vu, les mouvements et tout le reste, je me suis dit ma pauvre vieille t’en a pris un coup. En photo, vous allez m’arranger là ? Émilie elle, est toujours jolie.

André

Fanfan la tulipe, c’était un film avec Gérard Philippe, un très bon acteur. Il y avait aussi La beauté du diable avec Michel Simon et sa grosse tête. Fanfan la tulipe c’est dans les années 60, un film de cape et d’épée qu’on disait, bon j’ai un peu oublié l’histoire.

Émilie

- Alors c’est vous Émilie Jolie ? (rire) . Marie-Madeleine pense que vous êtes toujours jolie, alors qu’elle a du mal de se voir sur une photographie.
- Je ne suis pas d’accord avec ça, non, moi je vous dirais que vous êtes beau, et vous me répondrez, comme ci comme ça...je ne sais pas où je suis. Parce que lui il est un peu courant non ? Il a trouvé une autre femme, une autre fille...je ne sais pas où, il est...

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