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Le film en cours(t) / Les abeilles du petit maroc

D 26 octobre 2018     H 16:35     A Ollivier Moreels     C 0 messages


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Scène : Les abeilles du petit maroc

- Plan 1 : Plan large, panoramique, sur l’écluse en direction des abeilles.

- Plan 2 : Gros plans, détails préparation du bateau, le "Va pas trop vite". La caméra suit le mouvement des marins.

(à caser) : on découvre les vêtements biens rangés chacun sur un lit : les jeunes filles vont d’en saisir et s’habiller

- Plan 3 : caméra suit le mouvement, une chambre, en contre jour des filles semblent se disputer des tenus, des costumes de théâtre, jonchent le lit, elles essayent des robes, s’aident finalement à enfiler les robes. Elles regardent par la fenêtre ce qui se passe dehors.

Dans les couloirs des Abeilles, des cris, des voix viennent des chambres. + course poursuite des filles se chamaillent une robe, elles entrent dans une chambre : vision sur deux sœurs jumelles qui jouent de la harpe.

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Pistes pour les dialogues des Abeilles :

Dans le dortoir des filles toutes les jeunes filles s’appellent Léda (Six pour coller au livre de Claude Louis Combet « le miroir de Léda »)

« Quelle heure est-t-il » ? citation à la fois dans Lola et pour rappeler le lapin dans Alice, toujours en retard

Quelqu’un appelle Léda depuis le couloir et toutes sortent, Léda c’est moi, c’est moi c’est Léda ! peut-être en chantant sur le même air (voir You tube)

Lors d’un moment de folie une des Léda(s) s’écrie : « Que le dieu soit la bête. Que la bête soit le dieu. Que je vive enfin l’adhésion sans limites. »

Et surprise : il y a aussi des roseaux dans Léda « où est Léda ? Elle est encore dans ses roseaux ! »

« Je suis la nuit répète Léda. Mon pouvoir vient de loin. Mais je suis aussi une petite chose fragile. J’ai aimé un dieu, mais j’ai du mal à être grande. »

« Il n’y avait que le miroir et le désert. J’ai repris mon souffle où je l’avais laissé suspendu. L’instant est ouvert. Mon grand désir s’est avancé. Il s’est penché sur le visage de la nuit, à la recherche de son visage. Et le miroir a tressailli. »

Pour accompagner un gros plan sur les yeux d’une Léda : « Mes beaux yeux rendez-moi visible je ne veux pas finir en moi. » Paul Eluard « Léda »

« Les jardins du Calife Hakem »
Gérard de Nerval

Voici une autre version de dédoublement étrange dont j’ai parlé ce matin à propos de l’actrice qui se voit depuis les coulisses ; le Calife fait tout un parcours sans qu’on le remarque lui semble-t-il pour se voir à la fin sur son luxueux divan…

« En traversant le fleuve dans sa cage, il vit avec surprise les jardins du palais illuminés comme pour une fête : il entra. Des lanternes pendaient à tous les arbres comme des fruits de rubis, de saphir et d’émeraude ; des jets de senteur lançaient sous les feuillages leurs fusées d’argent ; l’eau courait dans les rigoles de marbre, et du pavé d’albâtre découpé à jour des kiosques s’exhalait, en légères spirales, la fumée bleuâtre des parfums les plus précieux, qui mêlaient leurs arômes à celui des fleurs. Des murmures harmonieux de musiques cachées alternaient avec les chants des oiseaux, qui, trompés par ces lueurs, croyaient saluer l’aube nouvelle, et dans le fond flamboyait, au milieu d’un embrasement de lumière, la façade du palais dont les lignes architecturales se dessinaient en cordons de feu.

L’étonnement de Hakem était extrême ; il se demandait : "Qui donc ose donner une fête chez moi lorsque je suis absent ? De quel hôte inconnu célèbre-t’on l’arrivée à cette heure ? Ces jardins devraient être déserts et silencieux. Je n’ai cependant point pris de hachich cette fois, et je ne suis pas le jouet d’une hallucination." Il pénétra plus loin. Des danseuses, revêtues de costumes éblouissants, ondulaient comme des serpents, au milieu de tapis de Perse entourés de lampes pour qu’on ne perdît rien de leurs mouvements et de leurs poses. Elles ne parurent pas apercevoir le calife. Sous la porte du palais, il rencontra tout un monde d’esclaves et de pages portant des fruits glacés et des confitures dans des bassins d’or, des aiguières d’argent pleines de sorbets. Quoiqu’il marchât à côté d’eux, qu’il les coudoyât et en fût coudoyé, personne ne fit à lui la moindre attention. Cette singularité commença à le pénétrer d’une inquiétude secrète. Il se sentait passer à l’état d’ombre, d’esprit invisible, et il continua d’avancer de chambre en chambre, traversant les groupes comme s’il eût eu au doigt l’anneau magique possédé par Gygès.

Le calife s’approcha chancelant et s’abrita derrière les plis étoffés d’une énorme portière de brocart. Il vit alors au fond de la salle, assis sur le divan, à côté de Sétalmulc, un homme ruisselant de pierreries, constellé de diamants. (...) Cette vision lui semblait un avertissement céleste, et son trouble augmenta encore lorsqu’il reconnut ou crut reconnaître ses propres traits dans ceux de l’homme assis près de sa sœur ».

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