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Le cri dans le hangar

Le film sans fin

D 30 janvier 2021     H 16:11     A Ollivier Moreels     C 0 messages


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Le Lycée des 3 rivières
Geraldine Géraldine Joigneault et La Compagnie des 5 Mondes
Bernard Chanteux : Acteur

L’idée première dans cette collaboration avec les élèves et encadrants du lycée est d’imaginer un dispositif pédagogique cinéma. Les enjeux sont d’initier au langage filmique, d’ouvrir à la culture cinématographique autant fictionnelle que documentaire, en associant la pratique, la théorie et la rencontre avec le territoire nazairien.

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Le Cri de Munch sous une pluie de Bill Viola

Biondetta est sortie d’une mystérieuse malle de marine hors d’âge, échouée sur une grève de coquillages, sous un liquidambar dénudé par un jour d’épais brouillard.

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Mi zombie mi démone elle se déplace comme une sombre gazelle qui aurait bu de l’alcool fort, et, dans son allure macabre, conserve néanmoins une certaine grâce.
Elle déambule apparemment sans but et se retrouve dans un grand parking abandonné éventré en son centre qui déverse des tonnes de pluie.
Et c’est ici, les bras tendus et levant son visage halluciné vers le ciel, qu’elle crie de toute son âme déchirée et déchirante.
Non loin de là, Quentin le Cam, premier matelot du Louarn puis quartier maître tel Eumolpos, premier hiérophante, à la voix et au visage charismatiques. Un vieux marin donc, buriné cloué à son bar intemporel de l’arrière port où il vient chaque jour, embroussaillé dans sa mélancolie rugueuse, raconte à qui veut l’entendre sa chronique des disparus dont cette curieuse légende de l’esclave Biondetta.

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Et, curieusement, dans un coin sombre du café au milieu de souvenirs épars, on découvre une photo ancienne d’un couple paisible : la jeune femme métisse est à coup sûr notre Biondetta !

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« L’œuvre d’art ne jaillit pas tant du miracle d’une imagination créatrice que de la puissance de jugement, qui choisit, ordonne et trie les éléments dont cette œuvre est formée. » Nietzsche

Texte pour une voix off, écrit par les élèves :

Voix OFF – Atelier Audiovisuel


L’histoire raconte qu’une jeune fille, nommée Biondetta.
Une ancienne esclave qui, à l’encontre d’un mariage, rencontra  un jeune marin sur les quais de Saint-Nazaire
Sous leurs airs, tous deux se plurent et s’installèrent en Guadeloupe à Basse-Terre.

Malheureusement un drame éclata le jour de leur union,
La réhabilitation honteuse de cette loi esclavagiste repris sous les nombreuses contestations.
Ces partisans les plus fervents pénétrèrent dans l’habitation.
Ils les attachèrent à un arbre appelé « Fromager »,
Et les fouettèrent jusqu’à les faire saigner
Pendu, son bien aimé s’en est allé

Ces bourreaux la trouvant trop menue pour les champs,
La vendirent au plus offrant.

Tentant de s’enfuir du bateau négrier la transportant
Elle sombra malheureusement au fond de l’océan.
Qui comme héritage,
La condamna dans cette prison de bois.

Au fil des ans,
Rempli de tourments,
Elle devint une créature ne venant pas d’ici,
Rempli de souvenirs

Après ces années, enfermée dans cette malle hors d’âge.
Elle se serait échouée jusqu’à la Terre qui a vu naître son amour
Sous un liquidambar dénudé par un jour d’épais brouillard.

Enfin sortie de sa cage, elle commence à se déplacer telle une ombre errante.
Qui dans son allure macabre,
Conserve néanmoins une certaine grâce.

Déambulant apparemment sans but,
On l’apercevrait sur les rives,
Quand, le plus souvent, le temps nous offre sa pluie.

L’on raconte même, qu’une personne au loin l’aurait aperçu,
Les bras tendus,
Son visage levé et halluciné par le ciel.
Poussant un cri puissant et déchirant.
Défoulant sa haine et ses regrets,
Tourmentée par ses peines

Je pense que l’on peut encore l’apercevoir, mais, faut-il encore savoir…
Quand nous fera-t-elle entendre sa voix ?

Portfolio

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